Les mutuelles sont-elles encore des entreprises de l'économie sociale ? (11/07/2008)
Pour sa dernière conférence de sensibilisation à l'ESS fin mai dernier, la Ligue de l'enseignement des Hauts-de-Seine avait choisi un thème brûlant, résumé par l'intitulé du débat : les mutuelles sont-elles encore des entreprises de l'économie sociale ? C'était même une provocation, puisque la réunion se déroulait à la Mutualité ! Guy Laurent, au titre de la Ligue, pense qu'il y'a un continuum entre les petites entreprises de l'ESS et les grandes mutuelles ; mais celles-ci doivent sans aucun doute réaffirmer ce qu'elles sont aux yeux de l'extérieur pour éviter la banalisation. Les représentants des mutuelles n'ont pas esquivé le débat. Pour Yves Denis, de la MGFI, il est évident que l'économie sociale demeure une troisième forme d'accès à la protection sociale, à côté du privé et du public : " l'objet de la mutuelle santé est de satisfaire son adhérent. Le regroupement des personnes est plus important que la rémunération du capital. " Henri Canva, de la Mutuelle familiale, ne défend plus un tableau aussi idyllique : " comme les assurances, certaines mutuelles sélectionnent des bons et des mauvais risques, selon les tranches d'âge par exemple ". Même si les mutuelles ne font pas de profits, mais des excédents, il concède que certains, notamment dans les mouvements sociaux, se posent à bon droit la question de la persistance de l'appartenance des mutuelles à l'économie sociale, en raison de ces pratiques. La faute en revient parfois aux sociétaires eux-mêmes, poursuit Frédéric Gouedard, de la MGEN, parce qu'ils ne s'investissent pas autant, que dans l'après-guerre, dans les prises de décision. Pour essayer d'y remédier, la MGEN a lancé des sessions de formation à eux destinées. Pour Maguy Beau, de la Mocen, il n'y a pas de doute sur son appartenance à l'économie sociale : " nous respectons le Code de la mutualité (par opposition à d'autres mutuelles qui dépendent du Code des assurances). Nous respectons la vie démocratique dans la mutuelle. " Pour elle, le statut de mutuelle ne peut pas être simplement un refuge juridique, mais doit résulter d'une volonté de ses adhérents. Les mutuelles poursuivent un but autant économique que social ; elles doivent être des entreprises innovantes du lien social. La Mocen a ainsi créé des produits à destination des personnes précaires. Pierre Liard, de la Macif, met de son côté l'accent sur le fait que les mutuelles ne sont pas opéables (à cause des réserves impartageables) et qu'elles doivent conserver un lien fort de proximité avec les sociétaires ; ainsi la Macif essaye de ne pas délocaliser ses indispensables call-centers. Les mutuelles présentes à la Mutualité ont ainsi donné des arguments convaincants à ceux qui auraient tendance à nier leur respect des principes forts de l'économie sociale. Sans doute, auront-elles aussi à réaffirmer leur histoire et à se positionner fortement pour la défense de la protection sociale, face aux menaces de privatisation généralisée...
Mutuelles vues de l'intérieur
Envoyé par magenta le 10/09/2008 à 14:20
Je réagis à votre édito puisque je travaille dans l'une des mutuelle citées dans votre article. Si à l'extérieur les dirigeants s'obstinent à affirmer haut et fort que les mutuelles font plus que jamais partie de l'économie sociale, à l'intérieur la perception des salariés est tout autre. Les valeurs mutualistes défendues coute que coute autrefois, sont écorchées régulièrement aujourd'hui. Tout ça n'est plus qu'une façade, en réalité le virage vers le capitalisme est pris et bel et bien pris... à mon grand regret !
Mutuelles
Envoyé par patfont2 le 11/08/2008 à 09:09
Ok++++++ les mutuelles sont bien un lieu d'action sociale directement en prise avec le maintien de leur objet au regard de l'évolution du marché privatisé...
Edito
Les mutuelles sont-elles encore des entreprises de l'économie sociale ? (11/07/2008)
Pour sa dernière conférence de sensibilisation à l'ESS fin mai dernier, la Ligue de l'enseignement des Hauts-de-Seine avait choisi un thème brûlant, résumé par l'intitulé du débat : les mutuelles sont-elles encore des entreprises de l'économie sociale ? C'était même une provocation, puisque la réunion se déroulait à la Mutualité ! Guy Laurent, au titre de la Ligue, pense qu'il y'a un continuum entre les petites entreprises de l'ESS et les grandes mutuelles ; mais celles-ci doivent sans aucun doute réaffirmer ce qu'elles sont aux yeux de l'extérieur pour éviter la banalisation. Les représentants des mutuelles n'ont pas esquivé le débat. Pour Yves Denis, de la MGFI, il est évident que l'économie sociale demeure une troisième forme d'accès à la protection sociale, à côté du privé et du public : " l'objet de la mutuelle santé est de satisfaire son adhérent. Le regroupement des personnes est plus important que la rémunération du capital. " Henri Canva, de la Mutuelle familiale, ne défend plus un tableau aussi idyllique : " comme les assurances, certaines mutuelles sélectionnent des bons et des mauvais risques, selon les tranches d'âge par exemple ". Même si les mutuelles ne font pas de profits, mais des excédents, il concède que certains, notamment dans les mouvements sociaux, se posent à bon droit la question de la persistance de l'appartenance des mutuelles à l'économie sociale, en raison de ces pratiques. La faute en revient parfois aux sociétaires eux-mêmes, poursuit Frédéric Gouedard, de la MGEN, parce qu'ils ne s'investissent pas autant, que dans l'après-guerre, dans les prises de décision. Pour essayer d'y remédier, la MGEN a lancé des sessions de formation à eux destinées. Pour Maguy Beau, de la Mocen, il n'y a pas de doute sur son appartenance à l'économie sociale : " nous respectons le Code de la mutualité (par opposition à d'autres mutuelles qui dépendent du Code des assurances). Nous respectons la vie démocratique dans la mutuelle. " Pour elle, le statut de mutuelle ne peut pas être simplement un refuge juridique, mais doit résulter d'une volonté de ses adhérents. Les mutuelles poursuivent un but autant économique que social ; elles doivent être des entreprises innovantes du lien social. La Mocen a ainsi créé des produits à destination des personnes précaires. Pierre Liard, de la Macif, met de son côté l'accent sur le fait que les mutuelles ne sont pas opéables (à cause des réserves impartageables) et qu'elles doivent conserver un lien fort de proximité avec les sociétaires ; ainsi la Macif essaye de ne pas délocaliser ses indispensables call-centers. Les mutuelles présentes à la Mutualité ont ainsi donné des arguments convaincants à ceux qui auraient tendance à nier leur respect des principes forts de l'économie sociale. Sans doute, auront-elles aussi à réaffirmer leur histoire et à se positionner fortement pour la défense de la protection sociale, face aux menaces de privatisation généralisée...
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Commentaires
Mutuelles vues de l'intérieur
Envoyé par magenta le 10/09/2008 à 14:20
Je réagis à votre édito puisque je travaille dans l'une des mutuelle citées dans votre article. Si à l'extérieur les dirigeants s'obstinent à affirmer haut et fort que les mutuelles font plus que jamais partie de l'économie sociale, à l'intérieur la perception des salariés est tout autre. Les valeurs mutualistes défendues coute que coute autrefois, sont écorchées régulièrement aujourd'hui. Tout ça n'est plus qu'une façade, en réalité le virage vers le capitalisme est pris et bel et bien pris... à mon grand regret !
Mutuelles
Envoyé par patfont2 le 11/08/2008 à 09:09
Ok++++++ les mutuelles sont bien un lieu d'action sociale directement en prise avec le maintien de leur objet au regard de l'évolution du marché privatisé...
PF