
La commission présidée par le Pr Joël Ménard a remis, le 8 novembre, ses propositions au président de la République en vue de la mise en oeuvre du plan national de lutte contre la maladie d'Alzheimer (1). Couvrant la période 2008-2012, il sera en partie financé par les franchises médicales, qui devraient générer environ 850 millions d'euros. Ce plan Alzheimer doit être mis en chantier dès
le 1er janvier 2008. Il s'organise autour de trois axes :
• Améliorer le diagnostic de la maladie, dont les symptômes visibles n'apparaissent qu'au bout de nombreuses années.
• Améliorer la prise en charge des malades et l'aide aux familles. Le rapport ne fait pas moins de dix recommandations en ce sens.
• Mettre en place une structure nationale de coordination de la recherche.
Sur la base de ces propositions, le gouvernement va, désormais, engager, une concertation avec les professionnels. Parallèlement, un site internet sera prochainement dédié au plan Alzheimer et, depuis le 12 novembre, un forum est accessible sur le site du Premier ministre, afin de recueillir les avis du public. Le rapport de la commission Ménard est accueilli fraîchement par les associations du secteur des personnes âgées. Celui-ci «propose un catalogue exhaustif, mais disparate, dans lequel il convient impérativement de faire un tri pour aboutir à un plan efficace », estime le Synerpa. Si certaines mesures « méritent d'être saluées et soutenues par les professionnels »- définition d'un statut et formation des aidants, valorisation des personnels, création de nouveaux métiers, création de plates-formes ressources, développement d'une offre diversifiée...-, d'autres sont jugées « réchauffées », voire « vraiment absurdes », comme la proposition de confier l'élaboration des bonnes pratiques professionnelles à la Haute autorité de santé (HAS) au lieu de l'Agence nationale d'évaluation sociale et médico-sociale (ANESM).
Surtout, le financement demeure le « grand inconnu du Plan Alzheimer ». « Pour cette masse de propositions, pas une ligne sur le financement ! », s'étonne le Synerpa. Alors que le produit des franchises médicales doit aussi servir au développement des soins palliatifs et à la lutte contre le cancer, « au vu de ce rapport, les professionnels et les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer qu'elles n'y suffiront pas ».[...]
(1) Voir La Lettre des Managers de l'Action sociale N° 58, du 27-09-07.
Suite : La lettre des Managers de l'Action sociale 22 NOVEMBRE