
L'épargne des migrants est de l'épargne solidaire. Ces flux d'argent du Nord vers le Sud, plus communément appelé transferts des populations immigrées vers leurs pays d'origine, contribuent au développement local. Début juillet à l'occasion du lancement du nouveau site Envoidargent.fr, l'AFD a fait le point sur les avantages et les inconvénients des « remittances », comme on les appelle encore. Ils peuvent représenter plusieurs points (jusqu'à 10 %) des PIB locaux. Selon Jacques Ould Aoudia, président de Migrations et développement, cette épargne sert à la fois à des micro-projets familiaux (petits commerces, agriculture) ou à des projets collectifs, liés à la construction d'infrastructures, à l'éducation ou à la santé. Pour Alain Kenfack, vice-président du Conseil des Camerounais d'Europe, les transferts d'argent doivent être mieux accompagnés, à la fois pour les migrants, qui veulent tracer la destination de leur épargne et pour les villageois, qui décident de l'affectation de cet argent. Car ces deux représentants d'OSIM (organisations issues des migrations) le reconnaissent : l'argent transféré n'est pas une garantie pour le développement local ; il peut être un facteur favorable au décollage économique, mais être aussi une source de déséquilibre pour les micro-projets qui comptent trop sur eux. Le site Envoidargent.fr veut aider à la transparence des transferts, tout comme d'autres initiatives de sociétés françaises présentées à l'AFD. La BPCE travaille en coopération avec la Banque populaire du Maroc sur ces transferts de fonds et les produits les plus appropriés pour les recevoir. France Télécom accompagne des projets de paiement par téléphone dans les pays en développement. La Fondation Adoma (ex-Sonacotra) soutient des projets au Sud (Sénégal, Mali) co-financés par les habitants des foyers. Pour Marie-Noëlle Rosenweg, déléguée générale de la Fondation Adoma, les diasporas cotisent généreusement pour leur pays d'origine et veulent de la transparence sur leur argent. Jacques Ould Aoudia pense qu'il y a encore des choses à consolider dans les transferts des migrants et des choses à inventer d'un pays à l'autre, comme par exemple l'envoi de droits, comme des points retraite. D'autres initiatives existent déjà, qui n'étaient pas représentées à la réunion, comme celles d'ONG françaises de microfinance qui travaillent en partenariat avec des associations locales pour un développement solidaire.