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Vivre autrement (10/09/2010)

L'économie sociale et solidaire propose de travailler autrement, d'épargner autrement ou de consommer autrement. De vivre autrement en somme. Des Français, et aussi des Européens accueillis en France, veulent eux aussi vivre autrement. Un mode de vie millénaire qui n'a rien à voir avec l'ESS : leur culture est fondée sur le nomadisme et la collectivité. On les appelle gens du voyage pour ceux qui ont une carte d'identité française, ou Roms, quand ils sont originaires de Roumanie. Il y aurait bien une façon simple de leur permettre de vivre autrement, c'est de respecter la loi. Qui doit appliquer la loi ? On parle là bien sûr des collectivités locales, qui ne construisent pas d'aires d'accès pour les gens du voyage, comme leur impose la loi Besson (bien assouplie par des lois ultérieures...), des administrations publiques, qui ne vérifient pas si les Roms travaillant sur les marchés ou du commerce ambulant, ont bien des fiches de paie, et de l'Europe, qui a restreint la libre circulation des personnes. Mettre en oeuvre directement les lois existantes serait de meilleure politique que d'en créer de nouvelles. Dit rapidement, ces carences institutionnelles sont à la source des infractions des personnes : où je me gare si je n'ai pas d'aire de repos, à qui je m'adresse pour faire constater que je travaille autrement, auprès de qui je dépose un recours si je ne peux pas circuler ? En attendant ces réponses, l'ESS est bel et bien présente, et ce depuis des années, auprès des gens du voyage. Emmaüs se préoccupe du sort de ces communautés depuis l'origine. L'Adie a mis au point des formules adaptées aux gens du voyage. Dans une tribune du Monde datée du 25 août dernier, Maria Nowak constate qu'ils constituent 10 % de la clientèle de l'Adie et qu'« ils remboursent scrupuleusement leurs prêts avec un taux de pertes inférieur à la moyenne ». La Croix du 27 juillet dernier a aussi évoqué les cafés-rencontres, par exemple pour les gens du voyage de la Sarthe. Des entreprises d'insertion, comme les jardins, emploient aussi certains de leurs membres. Dans le respect de leur volonté de vivre autrement.

 http://www.adie.org

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