
La Direction Générale de l'Information et des Médias de la Commission Européenne vient de rendre publique une enquête qualitative sur les enfants et les nouveaux médias. Elle a été réalisée simultanément dans chacun des 27 pays membres, ainsi qu'en Norvège et Islande, auprès de 4 groupes de 6 à 10 enfants (garçons et filles de 9 à 10 ans, filles et garçons de 12 à 14 ans (soit au total 118 entretiens de groupe et plus de 900 enfants participants).
L'étude portait sur les usages d'Internet et du téléphone mobile par les enfants, leur comportement en ligne et leur perception des questions de risques et de sécurité. Selon une analyse développée par l'Union nationale des Associations Familiales, le volet français de l'enquête, daté d'avril 2007, (disponible ci-joint et plein de ressources pour l'éducation) fait ressortir les points suivants :
Des publics avertis
L'apprentissage d'Internet est souvent évoqué comme solitaire, peu encadré par les adultes, en particulier pour les garçons. L'apprentissage par les pairs notamment chez les 12-14 ans et l'initiation scolaire sont également évoqués.
L'aide des parents apparaît avant tout occasionnelle. Pourtant, pour la plupart des enfants, ce sont les règles familiales qui dictent l'utilisation d'Internet et du portable. Il s'agit en premier lieu de limiter le temps de connexion, notamment par la nécessité de concilier la vie familiale, scolaire et d'autres activités physiques ou intellectuelles. Pour les plus jeunes, en particulier les filles, les parents valident les sites fréquentés et parfois utilisent les contrôles d'accès. Le contrôle (temps et usage) est globalement renforcé lorsque l'ordinateur n'est pas personnel et est situé dans un espace familial collectif.
Des risques assumés
Les enfants sont en grande majorité bien conscients des principaux risques en ligne, notamment via Internet. Sont évoqués spontanément le risque :
Les risques inhérents au téléphone mobile sont en revanche moins bien perçus et n'est souvent évoqué que le risque de vol.
Les enfants apparaissent également lucides sur les précautions à prendre et les bonnes attitudes à observer face à ces risques.
Sur la véracité de l'information, tous ressentent une forte proportion d'information fausse (de l'ordre de la moitié des recherches). Ainsi, malgré l'intérêt de l'outil, notamment dans le cadre des devoirs scolaires, on constate une utilisation non systématique par les jeunes de 12-14 ans.
Pour les enfants, la réponse passe par des précisions systématiques sur les émetteurs des pages pour s'assurer de la justesse d'information et le développement de sites de consultation crédibles pour l'information scolaire recherchée.
Concernant les contenus choquants, le risque apparaît relativement fréquent, beaucoup d'enfants ayant expérimenté cette situation. La réaction dominante déclarée a été de fermer immédiatement la page. Selon eux, l'amélioration passe par une clarification des contenus : intitulés de sites qui avertissent clairement sur le contenu, absence de contenus illégitimes incrustés dans des sites d' enfants.
Pour les contacts dangereux l'étude constate l'efficacité de la communication opérée sur ce thème, via les médias, les enseignants, les parents. Pour les enfants, la réponse est d'ordre comportemental : ne pas donner d'informations personnelles, coordonnées et photos, ne pas aller à un rendez-vous avec un inconnu, être plus sélectif sur Internet...
En définitive, l'existence d'un bouton d'alerte serait positive pour prévenir immédiatement le responsable des sites du comportement anormal d'un membre (jeu, forums, chats, MSN..).
Téléchargements banalisés
Le téléchargement est une pratique très courante chez les enfants. La plupart d'entre eux n'ignorent pas qu'ils peuvent être dans l'illégalité. La dimension morale semble peu intégrée et la pratique se justifie par la généralisation du phénomène dans l'entourage adulte ou des raisons d'économies.
Cette enquête présente en creux des objectifs et des méthodes éducatives dont se saisiront avec profit parents, enseignants, animateurs... Elle souligne que, tant dans le cadre familial qu'à l'école ou au collège, les nouveaux médias doivent être l'objet d'attitudes éducatives et que celles-ci sont payantes : les jeunes européens sont plus avertis qu'on pourrait le croire des dangers des nouveaux médias et des attitudes pour y faire face. Une bonne raison de continuer à les sensibiliser.
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