
C'est le titre d'un des forums sur lesquels Tessolidaire.com vous propose de vous exprimer.
Qui peut nier que le "style" du chef de l'État constitue, consciemment ou non, une sorte d'exemple (ou de contre-exemple) pour les jeunes ?
Du temps de Jacques Chirac, on se souvient des difficultés qu'avaient les adultes chargés d'éduquer les jeunes pour expliquer à ces derniers qu'il ne fallait ni mentir ni tricher dans la vie. On sait aujourd'hui - mais on le savait déjà - que c'est par le mensonge et la tricherie que, Maire de Paris, puis Premier Ministre puis Président, Jacques Chirac a conquis puis exercé le pouvoir. On le saura peut-être encore davantage demain si les fils de l'affaire Clearstream sont un jour démêlés.
L'exemple précédemment donné aux jeunes par François Mitterrand avait d'autres ambiguïtés. Moins cupide, sans doute, que ces successeurs, plus cultivé, plus intellectuel, il n'en était pas moins manœuvrier, voire manipulateur et vraisemblablement cynique. Il a longuement et largement contribué à donner à l'art noble de la politique l'image détestable d'un jeu d'échecs et d'un marché de dupes qu'elle traîne depuis.
Il ne semble pas que l'exemple donné par Nicolas Sarkozy sera meilleur. L'égotisme, la vulgarité des goûts, le culte des apparences, du clinquant, du "bling bling" comme on dit désormais, l'absence de vergogne comme on disait autrefois, la référence majeure à l'argent, aux riches, au "gagner plus", aux femmes faciles qu'il exhibe, aux communautarismes même religieux qu'il flatte...
Tout cela donne "trop" envie de ne plus élire le Président au suffrage universel ou de voter pour le Dalaï-Lama !
Il ne va pas être facile, dans les mois qui viennent, d'expliquer aux enfants et aux jeunes que l'argent ne fait pas le bonheur, que les vraies richesses n'ont pas de prix, qu'il vaut mieux être qu'avoir, que c'est collectivement qu'il faut avancer, que la laïcité est le trésor et le ciment de notre société républicaine et que Jean-Marie Bigard aujourd'hui, comme Le Pen hier, ne fait que flatter nos plus bas instincts, l'art et la culture étant toute autre chose...
Oui, les porteurs de l'idéal humaniste et républicain - ceux qui préfèrent aussi l'économie sociale et solidaire au capitalisme - vont avoir du travail. Mais ils le savent : tout pouvoir suscite des contre-pouvoirs et tout pouvoir corrompu par le délire de l'argent et de soi suscite une jeunesse révoltée et rebelle avide d'autre chose que de pognon et de "salopes", comme dirait le pieux Bigard.
C'est donc Noël et la Saint-Nicolas réunis qui nous font nous souhaiter, vous souhaiter, pour 2008, tout le bonheur a but non lucratif du monde.