
Le Conseil de la modernisation des politiques publiques du 4 avril et le rapport d'Eric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, décrétant 166 mesures annoncées par le Président Sarkozy rappellent le coup de tonnerre thépriquement réformateur que fut la présentation du rapport Attali et de ses 316 propositions.
Le principe est le même : les experts expertisent, le Président décide, entraînant le gouvernement et, théoriquement, la société exécute !
On a vu la valeur de ce raisonnement dans le cas d'Attali. Dans un climat où la défiance nationale s'est récemment manifestée contre le pouvoir, attendons-nous à pire concernant le rapport Woerth. Résistances, enlisements, tensions et explosions garanties.
Et pourtant, tout comme la stimulation d'une certaine croissance "propre", la modernisation de l'État est une évidente nécessité.
Et pourtant, comme le rapport Attali, le rapport Woerth fourmille de bonnes idées autant que de moins bonnes.
La France serait-elle donc, comme on l'entend trop souvent, irréformable ? Où est-ce la méthode de "décréter les réformes" qui est très mauvaise ?
La relative réussite du Grenelle de l'environnement et d'assez nombreuses négociations syndicales laissent penser qu'on peut aussi impliquer les citoyens dans les propositions et les décisions et que ça marche plutôt mieux !
L'expertise la plus efficace, on le sait dans l'ESS, c'est l'expertise scientifique validée par l'expertise populaire, c'est l'expertise coopérative, celle dont les recommandations sont admises, négociées, applicables et appliquées via le débat public.
C'est un grand malheur pour la France que ses gouvernants et la plupart de ses énarques et experts croient encore qu'on peut gouverner d'en haut, que certains "savent", "peuvent" et pas d'autres.
Plus dure sera la suite.
Ci-joint le rapport Woerth in extenso