
Si l'on comprend bien Xavier Bertrand, ministre entre autres de la Solidarité, dans cinq ans, les parents qui n'auront pas trouvé de place en crèche pourront recourir à un droit opposable à la garde d'enfant dont les grandes lignes restent encore inconnues. Il manque 350 000 (chiffre de Bertrand) à 430 000 (chiffre de la Cnaf) places pour éviter à l'Etat de crouler sous les recours juridiques. Le coup est-il jouable ? Au-delà même de la volonté des collectivités territoriales (le thème de la petite enfance a très largement occupé les tribunes municipales et cantonales), il faudra trouver du foncier disponible (compliqué quand il s'agit aussi de créer du logement au risque d'être traîné au tribunal dans le cadre du droit... opposable au logement) mais aussi des ressources humaines importantes pour remplacer les 80 000 assistantes maternelles et la moitié des auxiliaires de puériculture qui partent à la retraite d'ici 2015. Or, ces métiers, malgré leur revalorisation récente, n'éveillent pas un flot important de vocations. Reste par ailleurs la voie encore timide des crèches inter-entreprises qui connaîtra un développement d'autant plus important que la révision des normes de création des lieux d'accueil de la petite enfance est inscrite dans la logique des besoins actuels. Le droit opposable, si utopique soit-il, a donc l'avantage de " booster " un grand remue-méninges auprès des acteurs classiques de la petite enfance et d'autres, nouveaux, venus du monde économique. C'est déjà ça, comme le chante Souchon...