
Dans un rapport intitulé A view Inside Primary Schools, l'UNESCO présente les résultats d'une étude exceptionnelle par son ambition, menée dans 11 pays d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique du Nord. L'objectif : déterminer la qualité de l'enseignement et l'égalité des chances dans le primaire. 7 600 écoles primaires ont répondu à des questionnaires détaillés sur le fonctionnement des établissements. L'étude est une mine d'informations, d'après leurs auteurs. Elle permet de mesurer à quel point certaines écoles manquent de ressources élémentaires, comme l'eau ou l'électricité. Elle montre aussi à quel point les inégalités sociales déterminent les possibilités d'apprentissage d'un enfant. Aucun pays, qu'il soit riche ou pauvre, n'échappe à cette règle naturelle. Les conditions de " confort " social de base (eau, électricité, etc.) auraient des conséquences sur la motivation des enfants. Dans certains pays pauvres, l'accès à la culture est un luxe et devient très vite impossible. L'intérêt de l'étude n'est pas d'établir une corrélation archi connue entre pauvreté et détachement culturel. Elle fournit les chiffres qui décodent l'évidence : plus d'un enfant sur cinq fréquente une école sans eau courante au Paraguay ; en Argentine, au Brésil, en Malaisie, en Tunisie et en Uruguay, moins de 70 % des enseignants enseignent depuis moins de cinq ans, ce qui révèle une certaine instabilité néfaste du corps enseignant. Des petits faits, anodins, révélant la fragilité de l'environnement scolaire et la difficulté notoire des enfants à sortir de leur misère native.