
Date de mise en ligne : 01/06/2008.
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Les assistantes maternelles agréées, premier mode de garde des enfants de moins de 6 ans en France, regrettent un manque de reconnaissance de leurs compétences et veulent plus de suivi et de formation, souligne une étude du Credoc pour la Drees (ministères Travail et Santé).
Basée sur 61 entretiens qualitatifs, l'étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, révèle que les "nounous" ont souvent choisi ce métier "par défaut" en raison du chômage ou du manque de qualification. Elles défendent pourtant ce métier, en évoquant leurs "responsabilités morale et éducative", mais regrettent qu'il soit "dévalorisé par la société". Très demandeuses d'une amélioration de la formation actuellement proposée dans leur métier, les assistantes maternelles se montrent critiques vis à vis de l'agrément, délivré par les conseils généraux. Cet agrément, qui les autorise à exercer leur profession, n'est pas selon elles une garantie de compétence, et la formation de 60 heures prévue (120 heures depuis la réforme du statut en 2007) et répartie sur une durée de 5 ans, leur apparaît largement insuffisante, explique l'étude. Leurs compétences, "qui ne renvoient à aucun référentiel établi", sont aussi dévalorisées par les parents, et les nounous rencontrent des problèmes pour justifier leurs salaires, qu'elles jugent pourtant très faibles.
En 2005, leur salaire mensuel net moyen était de 698 euros, selon les derniers chiffres de la Drees. Les nounous sont "globalement moins diplômées que les salariés du privé": 49% ont au plus le brevet d'études du premier cycle (BEPC), contre 30%. La non reconnaissance du métier se traduit aussi au niveau des pensions de retraites, qui reposent sur le nombre d'années d'exercice et le nombre d'enfants accueillis à plein temps. Or, le nombre de gardes à plein temps est rare, à l'exception de certaines régions comme l'Ile-de-France. Plus largement, les assistantes maternelles évoquent un fort besoin d'accompagnement, et critiquent le suivi des services de la protection maternelle infantile (PMI) pour les petits problèmes quotidiens ou les situations plus complexes (maltraitance, etc).
En manque d'information et très isolées, elles recherchent des lieux de socialisation, comme les "relais assistantes maternelles" (RAM) pour pouvoir "à défaut de bénéficier d'un accompagnement professionnel, rencontrer au moins des collègues". Enfin, l'étude révèle une grande méconnaissance de la convention collective signée en 2005, sauf en ce qui concerne la mensualisation et la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE), l'allocation de garde d'enfant par une assistante maternelle pour les familles modestes. Ces dispositifs ont contribué, selon les assistantes maternelles, au "sérieux" de leur activité, en produisant des fiches de paye et en "lissant les ressources" sur toute l'année, et ont amélioré leur image auprès des banques. Mais d'autre sujets, comme "les congés payés, les heures supplémentaires ou les indemnités d'entretien sont laissés à l'appréciation" de la nounou et des parents, "parfois en dehors de tout cadre réglementaire et sans référence systématique à la convention collective", souligne le Crédoc. En 2007, la France comptait 270.000 assistantes maternelles indépendantes, garant à leur domicile près de 706.000 enfants, tandis que 265.000 enfants étaient gardées dans une structure collective, et 63.000 autres en crèches familiales.
Source : Les Depeches de l education