
Date de mise en ligne : 05/06/2008.
Actualités
ou Comment profiter du "5e risque" pour détruire la Sécurité sociale, enrichir les assureurs et abandonner les vieux malades, handicapés et pauvres.
On en entendait parler depuis des mois, du "5e risque" que nous préparait le gouvernement. On l'attendait d'autant plus impatiemment que la réforme s'annonçait très ambitieuse. Rien de moins que de répondre, et pour des décennies, aux questions sociales inédites posées par ce qu'on appelle à tort la "dépendance", et qui regroupe de nombreuses situations où des personnes ont besoin d'aide dans les actes de la vie quotidienne à cause d'incapacités plus ou moins importantes, suite à des maladies, des accidents, des handicaps... - des personnes de tous âges, bien entendu.
Donc, on allait voir ce qu'on allait voir ! D'autant que, sous Sarkozy 1er, quand on annonce une réforme, on l'annonce en grand. Le moindre brut de pomme se dit champagne.
Et nous voilà, en ce début juin, face à la réalité. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, et la secrétaire d'Etat chargée de la solidarité, Valérie Létard, ont présenté il y a quelques jours, devant la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et la mission d'information du Sénat sur le "5e risque", les grandes lignes du projet.
Bref, c'est sorti. Tout rikiki. On se demande même pourquoi il a fallu deux Eminences pour présenter un pareil pet de lapin.
LE "5e risque", comme en Allemagne, ou dans d'autres pays d'Europe, à savoir l'inscription du risque "perte d'autonomie" aux côtés des autres risques de sécurité sociale ? Non. Loin de là.
Des pistes innovantes ? Aucune.
Des visions à long terme ? Que dalle.
Rien. Enfin, presque rien : les petites promesses habituelles : on va augmenter les places en établissement (mais rien sur la formation des professionnels, rien sur leur nombre, rien sur l'inadaptation de nombreux établissements à la population accueillie... [1]), on va laisser aux gens la liberté de choisir (manquerait plus qu'on la leur enlève), on va gratouiller de-ci de-là quelques euros.