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En France, l'autisme n'existe pas (23/06/2008)

Date de mise en ligne : 23/06/2008.

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Handicap

Source : de Karina Alt dans http://www.agoravox.fr/

Malgré des recommandations de bonnes pratiques, malgré les rapports parlementaires, malgré les Lois et les décrets, malgré le nouveau Plan Autisme 2008/2010, la France continue à organiser l'exil des personnes autistes en Belgique, ou bien de faire subir à celles qui restent des traitements indignes à l'éthique médicale et non évalués scientifiquement. Près de 600 000 enfants et adultes sont concernés par ce délaissement et cette maltraitance

« Une société incapable de reconnaître la dignité et la souffrance de la personne, enfant, adolescent ou adulte, la plus vulnérable et la plus démunie, et qui la retranche de la collectivité en raison même de son extrême vulnérabilité, est une société qui perd son humanité. » [1]

France ! Cinquième puissance mondiale sur la scène économique. Terre de culture et de liberté ; terre de révolution, de justice, d'égalité ; terre des droits de l'homme et de liberté. Mais est aussi la terre d'une maltraitance sans nom, honteuse et ignominieuse envers les enfants et les adultes atteints d'autisme ; elle est aussi la terre de souffrance et d'abandon d'environ 600 000 personnes (CCNE, 2007) vulnérables qui n'ont commis d'autre crime que de naître avec ce handicap.

En 1995, sous la pression associative, la France reconnaît l'autisme comme un handicap et non plus comme une maladie, mettant un terme aux discussions philosophiques sur son caractère temporaire et donc curable en opposition au caractère stable et permanent nécessitant une rééducation.

Des politiques nationales sont dès lors mises en œuvre, mais le dépistage et le diagnostic et le traitement ne suivent pas. Les psychiatres français qui sont en charge de la pose du diagnostic continuent à utiliser la Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent (CFTMEA), dans laquelle les Troubles envahissants du développement n'existent pas, et classent l'autisme dans les psychoses infantiles. Les thérapeutiques qui découlent sont ainsi d'origine psychanalytique, interprétatives, on recherche dans l'histoire des petits patients le choc initial, la désaffection maternelle qui a entraîné les symptômes. On attend l'émergence du désir des enfants au lieu de leur apprendre par des méthodes alternatives à communiquer, à être autonome, à être propre, à apprendre. Au bout de quelques années, les troubles du comportement, le délaissement et la régression sont tels, que la seule solution est la médication à haute dose. Lorsqu'ils sortent de ces unités psychiatriques d'enfants pour rentrer dans les hôpitaux psychiatriques pour adultes ou, pour les plus chanceux, lorsque les parents les récupèrent au domicile, ces personnes atteintes d'autisme ne parlent pas, n'ont accès à aucune autre forme de communication, portent encore des couches et suivent des traitements neuroleptiques qui relèvent de la camisole chimique.

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