
Date de mise en ligne : 22/07/2008.
Actualités
Bernard LAPORTE, secrétaire d'Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, s'est rendu à Bruxelles le 15 juillet. En remplacement de Roseline BACHELOT, il a présenté les orientations du Ministère devant la Commission « Culture et Education » du Parlement européen. Rien de décisif pour la jeunesse mais une certaine audace pour moraliser un peu le sport de compétition. Extraits édifiants (quasiment exclusifs puisque seul le site de son Ministère a publié ce discours).
"La « jeunesse » est une compétence européenne et des chantiers d'ampleur ont déjà été lancés au cours des dernières années. Le « sport », quant à lui, n'est pas encore une compétence européenne mais nous avons tous pour ambition d'y parvenir à brève échéance.
(...) La Présidence française de 2000 a lancé les « Etats généraux de la jeunesse européenne » qui ont débouché sur la rédaction du livre blanc de la Commission intitulé « Un nouvel élan pour la jeunesse ». C'est à la suite de ces initiatives, par sa résolution du 27 juin 2002, que le Conseil Education-Jeunesse a doté l'Union européenne d'un nouveau cadre européen de coopération politique dans le domaine de la jeunesse et adopté une politique fondée sur quatre priorités : participation, information, volontariat et recherche.
En 2005, avec l'Allemagne, l'Espagne et la Suède, la France a également été à l'origine du « Pacte européen pour la jeunesse » (...) privilégiant l'insertion sociale et professionnelle, l'éducation, la formation, la mobilité et la conciliation entre la vie familiale, personnelle et professionnelle.
La Présidence française s'inscrit dans la continuité de ces actions ; elle s'est donnée trois priorités.
Première priorité : permettre aux jeunes d'être acteurs et vecteurs du dialogue interculturel. Dans ce cadre, nous avons invité 150 jeunes venus de 50 pays à débattre lors de l'événement « jeunesse » qui s'est tenu, à Marseille, la semaine dernière. Pour la première fois, étaient réunis des jeunes issus des Etats membres de l'Union, de l'AELE, des pays des Balkans et du pourtour méditerranéen. Sachez que, durant ces 5 jours, les débats ont été d'une très grande richesse et se sont traduits par des propositions concrètes que j'ai recueillies, en présence de M. Jan Figel et de Mme Schwartzmayr, présidente du « Forum européen pour la jeunesse ».
Deuxième priorité (...) : élargir la coopération en matière de jeunesse au domaine de la santé et du bien-être. (...) Mon objectif est qu'un projet de résolution relatif à la santé et au bien-être des jeunes soit présenté au Conseil afin d'encourager l'adoption de stratégies nationales et de développer l'échange de bonnes pratiques entre Etats-membres.
Enfin, la dernière priorité dans le secteur de la jeunesse sera de soutenir la création d'un espace européen des jeunes volontaires en développant leur mobilité. (...) La Présidence française soutient pleinement l'initiative de la Commission européenne et s'attachera à faire adopter par le Conseil une recommandation portant sur la mobilité des jeunes volontaires.
Des propositions courageuses pour civiliser le sport de compétition
(...) Le secteur du sport est, du point de vue européen, un terrain encore en friches sur lequel nous devons commencer à construire les fondations d'un édifice durable. (...).
Je tiens d'abord à saluer les parlementaires européens qui ont su prendre leurs responsabilités en exprimant clairement leur position, en mars 2007, sur l'avenir du football professionnel et, plus récemment, sur les principaux enjeux d'une politique européenne du sport, à la suite du rapport de Manolis Mavromatis. Je rends aussi hommage à la Commission européenne dont le « livre blanc » a permis d'éclairer notre chemin.
(...) Il doit y avoir en Europe une « exception sportive » comme il y a une « exception culturelle » (...)
Le sport ne peut, ni ne doit se résumer à une activité économique. Mais il ne s'agit pas non plus de promouvoir une exception générale au droit communautaire et de faire bénéficier le sport d'une sorte d'extraterritorialité. Le droit communautaire s'applique au sport, bien entendu.
(...) Ttrois objectifs : mettre en valeur le rôle sociétal du sport, souligner sa place dans le développement économique et contribuer à sa bonne gouvernance.
(...) Je fais de la présence dans les clubs d'une proportion minimale de joueurs sélectionnables dans l'équipe nationale du pays, ce que l'on appelle parfois dans le football la règle du « 6 + 5 », ma priorité pour la présidence française. Je souhaite, de manière complémentaire, que l'on trouve les moyens d'interdire le recrutement et le transfert des plus jeunes joueurs. (...) De très jeunes sportifs, européens ou non-européens, sont déracinées et se retrouvent, pour la plupart, en situation d'échec, sans solutions de repli ; est-ce bien l'avenir que nous souhaitons pour nos enfants ?
De plus en plus de clubs, tout aussi déracinés, ne comptent plus aucun joueur de la ville ou de la région, parfois même du pays auquel ils appartiennent ; comment peut-on se reconnaître dans des joueurs qui ne sont que de passage ou des clubs qui ont perdu leur identité ?
Certaines compétitions européennes se jouent chaque année entre cinq ou six clubs et perdent ainsi une partie de l'incertitude qui fait l'intérêt de toute compétition sportive ; doit-on ainsi se résigner à l'absence définitive des phases finales des compétitions de clubs de football belges, tchèques, hollandais, hongrois, autrichiens, ...ou français qui remportaient encore des succès au cours des dernières décennies ? "