
C'est officiel : depuis ce 4 juillet, les élèves du primaire sont en vacances. Retour en classe pour tout le monde le 2 septembre. L'activisme réformiste du ministre de l'Education, Xavier Darcos, aura transformé le paysage éducatif 2008-2009. Désormais, les enfants n'iront plus à l'école le samedi matin. Dans les faits, le boycott était déjà en cours : les enfants de parents divorcés rejoignaient le père le vendredi soir et les familles aisées ne sacrifiaient pas quelques week-ends de ski pour Jules Ferry. Cette suppression allègera les horaires, qui passeront de 26h à 24h. Les enseignants, eux, travailleront 26h : les deux heures de cours en suspens leur permettront de venir en aide aux élèves en difficulté. Reste à caser les dites deux heures : certains enseignants ont opté pour la tranche 11h40-12h10, d'autres ont enchâssé la demi-heure en question à 13h30, avant la reprise des cours, ou en fin de journée. Une mesure critiquée par les parents et les enseignants, craignant de voir certains élèves stigmatisés. 2008-2009 correspondra aussi au lancement de l'école après 16h : introduite à la rentrée 2007 dans les collèges de l'éducation prioritaire, cette mesure sera étendue à l'ensemble des collèges. Les CM1 et CM2 en difficulté se verront offrir des stages gratuits de remise à niveau pendant les vacances. Une première expérience s'était soldée par une réussite, lors des dernières vacances de Pâques.
Les programmes subiront eux aussi quelques modifications. Exit les programmes de 2002, place à un enseignement recentré sur des fondamentaux. Le par cœur est de retour. Les opposants redoutent une victoire des conservateurs " déclinologues " sur des pédagogues convaincus de détenir l'indiscutable vérité. Le ministre veut par ailleurs réduire de moitié d'ici trois ans l'échec à la fin du CM2 : 15 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture et le calcul et 25 % ont des acquis fragiles. Pour éviter de telles catastrophes précoces, les élèves seront évalués de façon plus méthodique du CE1 jusqu'en CM2. Des dispositifs de soutien seront proposés à ceux qui rencontrent de réelles difficultés. Sans être abandonné, le redoublement constituera un recours ultime. Enfin, à partir de 20 % d'enseignants grévistes, la mairie sera tenue d'organiser un service d'accueil. Mais qui gardera les enfants ? Les nounous des crèches ? Les élus, comme certains UMP, pris d'un étrange zèle, ont pu le faire ? Dans cette affaire, la précipitation juridique et démagogique a piétiné les fondamentaux juridiques. Une justice qui ne tardera pas à mettre à jour l'inapplicabilité de ce service minimum.