
Comme l'an dernier, l'Avise a organisé un débat, à l'issue de son assemblée générale. Il avait pour thème cette année : le modèle économique des structures d'insertion : quelles évolutions, quelles innovations ? C'était d'abord l'occasion pour Claude Alphandéry, président du CNIAE (Conseil national de l'insertion par l'activité économique) de dresser un bilan du Grenelle de l'insertion. Il juge indispensable la modernisation de l'insertion et apprécie qu'à la fois son caractère d'innovation sociale et son objectif d'accès de tous à l'emploi aient été reconnus par l'ensemble des partenaires rassemblés dans le Grenelle, du Medef aux collectivités locales. Il souhaite bien sûr que, même au regard de nouveaux conventionnements, l'Etat et les collectivités locales (qui représentent les 2/3 des ressources publiques pour l'IAE) maintiennent un engagement fort. Hugues Sibille, directeur de l'Avise, explique de son côté qu'une part du développement de l'insertion viendra de liens affermis entre l'IAE et les milieux économiques. Dominique Lebailly, représentant le Cnei, a précisément évoqué ces nouvelles synergies du Comité national des entreprises d'insertion avec le Medef, qui ont signé un engagement sur 5 ans pour diminuer l'exclusion : " les besoins des entreprises en main d'œuvre peuvent permettre un accès amélioré pour les personnes en insertion ". De son côté, Jean-François Connan, de la société Adecco, a reconnu que son entreprise remportait certains marchés publics intégrant la clause sociale parce qu'elle est associée à des entreprises d'intérim d'insertion. Les acteurs présents ont tous confirmé l'importance de cette ressource pour les structures d'insertion. Par exemple, le réseau des régies de quartier a édité un guide sur l'achat socialement responsable pour les régies locales ; Régis Mitifiot , vice-président du CNLRQ, a indiqué que 75 % de leurs ressources provenaient de leurs activités. A l'issue de la réunion de l'Avise, Martin Hirsch s'est félicité que, à la faveur du Grenelle de l'insertion, les structures d'insertion soient décidées à trouver d'autres sources de financement que les subventions publiques. Pour autant, Claude Alphandéry a rappelé, en écho à son introduction, que les entreprises d'insertion étaient doubles, à la fois sur le marché et dans l'intérêt général. Pour lui, le financement de ses missions d'intérêt général doit être préservé par l'Etat. Cette équation sera sans doute au cœur des débats de l'automne sur l'application des préconisations du Grenelle de l'insertion.