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Quelques paradoxes de la finance solidaire (18/07/2008)

Les quatrièmes Entretiens de la finance solidaire, au deuxième trimestre de cette année, ont donné lieu à d'intéressants débats, qui ont fait émerger les paradoxes de l'épargne solidaire, paradoxes qui interpellent souvent le grand public. Lors du premier des deux débats animés par Finansol, les intervenants ont été amenés à se demander s'il fallait donner ou partager : pourquoi choisir l'épargne solidaire plutôt que le don ? François de Witt, président de Finansol, a effectivement remarqué que 35 millions de Français épargnent, que 7 millions font des dons, mais que seulement 300 000 font les deux dans la même action. Pour Antoine Vaccaro, chercheur au Cerphi, don et épargne solidaire sont bien complémentaires : " ils appartiennent au même univers pour ceux qui veulent participer au bien commun ". Jean-Claude Detilleux, président du Crédit coopératif, est d'accord pour ne pas les opposer, mais estime que les produits de partage sont plus difficiles à promouvoir aujourd'hui, que dans la période de taux d'intérêt élevés où ils sont nés : " il faut avoir l'imagination de créer de nouveaux produits. Les dons versés par le Crédit coopératif progressent de 30 % par an ". Martial Lessay, trésorier du CCFD, insiste sur le fait que l'épargne solidaire a un objectif financier pour le bénéficiaire final, mais aussi un but politique d'éducation à la solidarité pour les particuliers. Cependant, d'autres acteurs financiers solidaires plus modestes se sont demandés si l'épargne solidaire ne compensait pas, par le partage, le fait de cautionner un système économique qu'on alimente de l'autre côté par l'épargne actionnariale. Un paradoxe que l'ISR ne résout évidemment pas à lui seul. De la même façon, le deuxième débat sur l'investissement solidaire a montré que la solidarité se définissait essentiellement par le destinataire, plus que par les outils employés ou par les montants dégagés. Pour Maria Nowak, présidente de l'Adie, cet autre paradoxe du business et de la rentabilité exacerbée dans des projets au départ solidaires, se dénoue dès lors que les néo-entrepreneurs investissent en retour dans d'autres projets sur leur territoire. Mauro Meggiolaro, représentant la Banca Etica, pense de son côté que la finance solidaire ne peut éviter des grilles d'évaluation pour valider les projets rentables. Rentable : un adjectif qui reste lui aussi paradoxal dans un contexte de solidarité. Pour François Soulage, président de l'Ides, l'épargne solidaire devrait être utilisée uniquement pour des projets qui démarrent ; selon lui la définintion de l'entreprise solidaire est fondée sur le fait qu'on ne peut pas rémunérer son capital et qu'on a donc besoin ipso facto de l'épargne solidaire. Ce recentrage de l'épargne solidaire, vers des publics qui ont peu d'autres choix, a reçu l'approbation des participants aux débats de Finansol, qui remarquent qu'il faut aussi entretenir différentes sources de solidarité, que ce soit le don ou l'épargne, dans un contexte où la déconnexion est de plus en plus grande entre hauts et bas revenus et entre les pauvres eux-mêmes. Pour Martin Hirsch, Haut-Commissaire aux Solidarités actives, qui concluait les Entretiens, il faut ainsi mieux répartir les solidarités existantes pour les transformer en actions.

www.finansol.org
www.cerphi.org

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