
Bernard LAPORTE, secrétaire d'Etat chargé des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, a présenté le 15 juillet ses orientations devant la Commission « Culture et éducation » du Parlement européen. S'il n'a rien annoncé de décisif pour la jeunesse, il a fait preuve d'une incroyable audace verbale pour moraliser un peu le sport de compétition. A suivre...
"Il doit y avoir en Europe une 'exception sportive' comme il y a une 'exception culturelle', a-t-il notamment déclaré, dans le sillage de Nicolas Sarkozy. Deux de ses propositions pour le prouver méritent d'être soulignées et soutenues.
"Je fais de la présence dans les clubs d'une proportion minimale de joueurs sélectionnables dans l'équipe nationale du pays, ce que l'on appelle parfois dans le football la règle du « 6 + 5 », ma priorité pour la présidence française. Je souhaite, de manière complémentaire, que l'on trouve les moyens d'interdire le recrutement et le transfert des plus jeunes joueurs"
"(...) De très jeunes sportifs, européens ou non-européens, sont déracinées et se retrouvent, pour la plupart, en situation d'échec, sans solutions de repli ; est-ce bien l'avenir que nous souhaitons pour nos enfants ? De plus en plus de clubs, tout aussi déracinés, ne comptent plus aucun joueur de la ville ou de la région, parfois même du pays auquel ils appartiennent ; comment peut-on se reconnaître dans des joueurs qui ne sont que de passage ou des clubs qui ont perdu leur identité ? "
C'est tout de même une curieuse impression que laissent ces propos dans la bouche du Secrétaire d'Etat d'un gouvernement libéral par nature favorable au laisser faire, à la loi de la jungle et à celle des marchés.
Surtout quand ce Secrétaire d'État est aussi un ancien affairiste et dirigeant sportif qui s'est longtemps vautré dans le business en général et le sport business en particulier.
Accordons lui toutefois, sans illusion, le pardon des offenses et surtout le bénéfice du doute.
Rendez-vous dans 6 mois pour voir si le marché aux jeunes esclaves du foot et celui non moins scandaleux des champions ont évolué vers un peu de sens et d'humanité.