
Pour rendre effectif le droit de garde d'enfants opposable, le gouvernement va-t-il encourager les communes et leurs regroupements à diversifier les structures d'accueil des enfants ? Par diversification, il faut entendre la multiplication des structures légères, adaptées à des emplois du temps professionnels plus flexibles, qui peuvent être des haltes-garderies ou des crèches à géométrie horaire variable. Mais les seules à pouvoir s'inscrire dans cette évolution du temps de travail seront les crèches privées ou interentreprises. Il est de plus en plus évident que la bonne vieille crèche sortie du terrain municipal après plusieurs mois de travaux et fermant ses portes à 17h15 tend à disparaître du paysage. La privatisation n'a rien de diabolique si elle préserve ce qui fait la noblesse du service au public : l'accueil de tous les enfants, le maintien de la mixité sociale, le respect des règles de protection de l'enfance, etc. La seule différence entre le privé et le public, c'est que ce dernier doit tenir compte de l'intérêt public dans son travail quotidien. Le privé fera-t-il montre d'une telle disposition vertueuse ? Quel type d'enfants intègrera-t-il dans le quota réservé aux enfants des quartiers où les crèches interentreprises seront implantées, comme l'impose le cahier des charges des CAF ? Choisira-t-il lui même les enfants ? A partir de quels critères ? Autant de questions en suspens qui ne tarderont pas à trouver des réponses.