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L'Anru n'aurait-il plus besoin de son Comité d'évaluation et de suivi ? (17/12/2009)

Date de mise en ligne : 17/12/2009.

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Dans un article publié le 11 décembre 2009, Le Monde, sous la plume de Luc Bronner, fait état du vote par le Sénat d'un amendement (4 décembre 2009) visant à supprimer 300 000 euros de crédits prévus pour financer la mission d'évaluation de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), le Comité d'évaluation et de suivi (Ces). Avec un tel manque à gagner financier, le Ces se verrait réduit à ne plus pouvoir exercer sa mission.

Dans un communiqué, les membres du Ces dénoncent « la remise en cause » d'une « évaluation juste et indépendante ». Son président, Yazid Sageb, par ailleurs commissaire à la diversité auprès de François Fillon, s'interroge : « A l'heure où l'impératif d'évaluation des politiques publiques est avec raison mis en avant par le gouvernement et le Parlement, comment imaginer qu'une politique publique de 40 milliards d'euros ne soit plus évaluée ? », assène-t-il.L'auteur de l'amendement, le sénateur Ump de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier, réfute le caractère punitif de cet amendement, le replaçant dans un contexte de rationalisation des organes d'évaluation. Dans les colonnes du Monde, il s'interroge : « Le Ces apporte-t-il un plus par rapport aux travaux du Sénat ou de l'Assemblée ? Quelle est sa valeur ajoutée par rapport à la Cour des Comptes ? Le Ces a été très utile au moment de la mise en place de l'Anru, c'est nettement moins le cas aujourd'hui », explique-t-il. Or, le Ces s'est souvent distingué par des prises de position impertinentes, s'inquiétant dans son dernier avis fin 2008 de l'importance des retards accumulés, de l'insuffisance inquiétante des moyens financiers et des risques planant sur la réalisation du programme de rénovation urbaine initié en 2003 par Jean-Louis Borloo. Le prochain rapport, prévu pour début 2010, devrait pointer le relatif échec de l'Anru en matière de diversité sociale dans les quartiers en rénovation.

Difficile par ailleurs d'écarter l'étrange coïncidence de cet amendement avec les tensions entre M. Sabeg et Fadela Amara, qui soutient l'amendement Dallier. M. Sabeg avait dressé un bilan mitigé de l'action de la secrétaire d'Etat, bilan confirmé par le dernier rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus).

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