
Il semble que le combat contre les discriminations est toujours d'actualité.
Un restaurateur a été condamné pour discrimination à payer une amende de 6 000 euros (après que le Procureur en ait demandé....2 000). ( voir article ).
Il a accepté une réservation pour la soirée de la Saint Sylvestre pour un groupe, et en a demandé la composition quelques jours avant seulement. Apprenant qu'il s'agit de personnes souffrant de handicaps visuels et mentaux, le ton change immédiatement. À l'animatrice, le gérant tient des propos déplacés sur «la difficulté à faire cohabiter, un soir de réveillon, des handicapés avec les autres clients ». L'addition n'étant apparemment pas trop salée pour ces commerçants peu sociables, à quand des fermetures administratives pour ce type de délit ?
Que dire encore de cet « incident » dont a été victime une personne atteinte de myopathie alors qu'elle prenait l'avion ; et cela à deux reprises.
Il y a quatre ans, la compagnie aérienne IBERIA lui refusait l'embarquement lors d'un transit à Madrid parce qu'elle voyageait SEULE et était en fauteuil roulant. Plutôt que de le laisser aller vers la destination prévue (le Sénégal), les contrôleurs l'ont renvoyé SEULE à son point de départ, ...Marseille. Elle a été contrainte pour pouvoir repartir deux jours plus tard de payer un billet d'avion pour un « accompagnateur » : donc double tarif (c'est cela la double peine ?)
La compagnie a été condamnée par la HALDE à la dédommager pour le préjudice subi. Elle n'en a rien fait à ce jour, obligeant la victime à se faire assister d'un avocat pour obtenir réparation.
Aujourd'hui, pour pouvoir embarquer (accompagné cette fois) KOREAN AIR a exigé six pages de questionnaire médical en Anglais à remplir par son médecin avec des questions très choquantes.
On trouve par exemple celle-ci :« MEDA 06 « Is the patient's condition likely to be a source of discomfort to other passengers? (Odor, appearance, conduct) ». On peut traduire par : «Est-ce que l'état du patient peut être une source de gêne pour les autres passagers ? (odeur, apparence, comportement) » . Pourquoi n'impose-t-on pas ce type de questionnaire à tous les passagers ? Combien de passagers trop imprégnés d'eau de toilette ou simplement « moches » seraient ainsi restés sur le tarmac !
Pourtant, il existe une réglementation européenne. Le « Règlement (CE) No 1107/2006 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 concernant les droits des personnes handicapées et des personnes à mobilité réduite lorsqu'elles font des voyages aériens » qui stipule : « ...Les personnes handicapées et les personnes à mobilité réduite ont les mêmes droits que tous les autres citoyens à la libre circulation, à la liberté de choix et à la non-discrimination. Cela s'applique au transport aérien comme aux autres domaines de la vie ».
Il n'y a pas que des commerçants ou des transporteurs qui soient mis en cause régulièrement. Témoin ce qui a été appelé « l'affaire Bobillier »
7 ans de procédures et contre-procédures engagées contre cette famille, dont le seul crime a été d'aménager une chambre pour leur fille Diane, polyhandicapée, alors que leur voisin était contre... ( voir résumé )
Il est intéressant d'entendre ce qu'à pu dire le père de Diane, sortant (enfin) de 7 ans de cauchemar. ( lire et écouter )
Il aura fallu que deux ministres (V. Létard et C. Boutin) n'hésitent pas à s'en mêler, sans compter l'impressionnant élan de solidarité qui s'est manifesté pour que justice soit rendue.
A quand une modification en profondeur du code de la construction ? Avoir une conception du développement durable à l'échelle humaine est possible, c'est une question de volonté politique. Ce qui est arrivé à la famille Bobillier peut arriver à n'importe quelle famille : il faut que les habitations soient adaptées à ce type d'évènement, sans qu'il ne faille recourir aux tribunaux .
Il est temps que l'on se dote d'une politique d'urbanisme basée sur la prévention, plutôt que la réparation, pour ce qui concerne les handicaps. Savoir allier le confort et la sécurité pour le bien-être de chacun.
On constate que la Halde a encore du travail pour faire reconnaître le droit à différence. La Halde, mais aussi tous les militants humanistes affolés et ulcérés de devoir maintenir une vigilance constante pour que le handicap ne soit pas/plus une cause d'exclusion sociale, économique et politique
--------> En savoir plus :
Le commentaire de Louis Schweitzer, Président de la Halde, dans un entretien paru dans le journal Sud-Ouest ce dimanche 22 mars 2009 : "Faire reculer la résignation" ( lire cet article )