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Microfinance d'hier et d'aujourd'hui (05/06/2009)

Une plongée dans le passé de la microfinance, c'est ce à quoi nous conviait la conférence organisée au Sénat par l'Adie, dans le cadre de la Semaine du microcrédit. En effet, elle a des racines dans une histoire bien antérieure à sa réinvention au vingtième siècle par Muhamad Yunus ou Maria Nowak. Laurence Fontaine, auteur de l'Economie morale (Gallimard, 2008), a remis le microcrédit au jour, en s'intéressant à la manière dont les pauvres arrivaient à s'en sortir dans la société d'Ancien Régime. L'historienne a remarqué, dans son ouvrage, de nombreuses similitudes avec la situation des micro-entrepreneurs actuels : poly-activités, volonté d'accéder au marché, pauvreté comme un risque et non comme un état (ce qui rend les pauvres acteurs de leur existence). " Comme aujourd'hui, pour développer de l'activité commerciale, poursuit-elle, il leur fallait accéder au capital. Celui-ci pouvait venir de la famille, du microcrédit formel (les usuriers présents sur les marchés créaient des groupes de femmes pour être cautions solidaires) ou du microcrédit informel. Par exemple, des lingères avaient mis en place des stratégies imaginatives, en déposant le linge propre au mont-de-piété, pour en retirer des petits revenus supplémentaires. " Ces anecdotes résonnaient fortement avec les situations des bénéficiaires de l'Adie, qui ont présenté leurs expériences au colloque : activité de colportage, besoin de développer de nouvelles activités pour surmonter la crise. Maria Nowak, présidente de l'Adie, a souligné que les populations concernées étaient bel et bien semblables : ce sont celles qui vivent sous le seuil de pauvreté. Elle met en exergue l'importance du crédit à tous les âges, à la fois comme instrument financier et comme acte de confiance. Pour sa part, Pierre Valentin, du Crédit coopératif, a ramené la microfinance à la dure actualité de la crise financière : " Elle n'a pas été sanctuarisée. A la fois parce que certains pays sont en proie à une forte décroissance et que les grandes institutions de microfinance (IMF) n'attirent plus les investisseurs de long terme. Or les IMF représentent un quart des 30 milliards de dollars déversés globalement sur la microfinance. " De son côté, pour amortir la crise et poursuivre son action, l'Adie a annoncé, à l'occasion de la Semaine du microcrédit, la mise en route de plusieurs outils, comme le crédit Rebond, pour ceux qui ont déjà obtenu un prêt de l'Adie et dont l'activité a besoin d'être soutenue, ou le microcrédit en ligne au travers du site Adieconnect. Des instruments qui sont bien loin de la réalité des citoyens de l'Ancien Régime, mais manifestent tout de même le besoin récurrent de développer une économie réelle.

www.adieconnect.fr

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