
Soyons juste. Le Livre vert de la commission de concertation sur la jeunesse présidée par Martin Hirsch est bien plus intéressant que le redoutaient nombre de membres de la commission, d'associations, de jeunes et moi-même...
Tout ne se vaut pas et on peut rester sceptique sur les v½ux pieux concernant l'orientation ou la rengaine incantatoire en faveur de l'apprentissage.
Mais de vraies avancées sont promises aux jeunes en matière d'autonomie, de logement, de santé... Elles s'ajoutent aux mesures pour leur emploi, partiellement préemptées en cours de route des travaux de la commission par Nicolas Sarkozy.
Surtout, les jeunes ne sont pas que des « bénéficiaires » potentiels d'hypothétiques politiques publiques ; il est rappelé qu'ils peuvent en être des acteurs engagés, notamment au travers d'« un service civique ambitieux ».
Le tout, sur le papier, ressemble à une « grande politique de la jeunesse ».
Mais que va-t-il en rester à l'automne ? Et quels moyens seront alloués (rappelons qu'il s'agira d'un investissement sur l'avenir digne du « grand emprunt » annoncé) ?
Rendons grâce à la Commission : elle n'a pas enterré la question de la jeunesse.
Elle suscite des espoirs non seulement pour les jeunes mais pour cette société vieillissante toute entière à laquelle ils peuvent tous tellement plus apporter.
Attention donc à la colère, la rage, la haine si cette espérance était trahie...
Mais, auparavant, c'est un grand ancien des luttes qui vous le dit (un vieux schnok en somme et post soixante-huitard qui plus est) : il vaudrait mieux ne pas attendre que le Gouvernement et le Président décident.
Dans les associations, les bahuts, les universités, les rues, les cités, il faudrait exiger que le rapport Hirsch, même imparfait, soit appliqué.
Car l'histoire de France, hélas, n'avance jamais que contrainte et forcée.
Maintenant qu'elle a été négociée, la place des jeunes dans notre société gagnera à être conquise plutôt qu'octroyée.