
On ne saurait trop vous recommander la lecture de l'entretien accordé ce 28 septembre par Dominique Versini, défenseure des enfants en voie de disparition, au site d'information sur l'éducation, Vousnousil.fr. On y apprend que, par un hasard dont le calendrier distille parfois les raffinements, Dominique Versini a appris la suppression de son poste au moment où elle s'apprête à prendre la présidence du réseau européen des défenseurs des enfants, constitué tout de même de 35 pays. Plus étonnant encore, on y découvre que Dominique Versini a directement donné l'information à Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille et à la Solidarité, qui ne participait pas au conseil des ministres du 9 septembre ! « Ce sont quand des méthodes nouvelles, contraires à tous les usages. A aucun moment, je n'ai été informée ou consultée », gronde-t-elle. Et de s'interroger « Que vaut une loi sans concertation ? Rien, comme le prouve le tollé énorme déclenché par l'annonce du projet de loi ». En cinq jours, elle a reçu le soutien de 16 000 personnes, magistrats, professionnels de la petite enfance. Pourquoi donc une telle décision ? Rappelant ses missions, Dominique Versini indique avoir émis en 2009 des avis « sur l'adoption, sur le fichage des enfants ou sur l'avant-projet relatif au changement de la justice des mineurs ». Des avis « sans complaisance ». Est-ce à croire que l'Elysée en aurait pris mouche ? « C'est ce que tout le monde me dit ! », lâche Dominique Versini. « Mais je crois qu'une République s'honore à avoir, à la marge, des gens qui lui rappellent ses engagements ». Elle demande bien sûr le retrait de ce projet de loi, surtout l'année des 20 ans de la Convention internationale des droits de l'enfant pour laquelle la France a été un des pays initiateurs. A l'heure où la Russie vient de nommer un défenseur des enfants sur le modèle français, la France fait passer à la trappe la fonction ! La patrie des droits de l'Homme a parfois du mal à se hisser à hauteur de son supposé statut !