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Lancer le débat public sur la mesure de la richesse (08/10/2009)

La Commission Stiglitz-Sen sur la mesure des performances économiques et du progrès social vient de rendre son rapport dans la lumière de la Sorbonne. Douze recommandations en ont finalement été tirées. Elles prescrivent la création de nouveaux indicateurs de richesse et une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux, un autre calcul des inégalités, du bien-être et de la qualité de vie. Dans l'ombre, et en parallèle des travaux de la Commission Stiglitz-Sen, le collectif Fair (Forum pour d'autres indicateurs de richesse), formé de chercheurs et d'acteurs reconnus de l'ESS, a planché tout au long de l'année sur les mêmes thèmes. Lors de deux réunions qui ont impliqué ce collectif en septembre, Patrick Viveret, spécialiste des nouvelles mesures de la richesse, est revenu sur les premières avancées de la Commission Stiglitz-Sen, tout en préconisant d'aller plus loin. Lors du dernier Club de l'économie sociale, il a estimé que c'était un événement très important que des Prix Nobel affirment publiquement que le PIB ne devait pas rester le seul indicateur de richesse, indépassable et incontournable et qu'il fallait ajouter des éléments complémentaires sur la dimension sociale. Pour le philosophe, le PIB correspond à une période historiquement datée, celle de la reconstruction et de la production industrielle d'après-guerre, et du coup le PIB oublie des éléments qui nous semblent aujourd'hui importants, comme le bien-être ou la bio-diversité. Il trouve ainsi que la Commission Stiglitz-Sen s'est arrêtée en route en ne se préoccupant pas de la qualité de la croissance (le PIB évolue en positif lors de catastrophes), en ne prenant pas en compte certaines richesses invisibles (bénévolat, économie domestique) et du coup en proposant des nouveaux indicateurs qui restent basés sur la monnaie. Quelles sont les alternatives portées par le collectif Fair, et par Jean Gadrey, qui a été auditionné par la Commission ? Elles ont de nouveau été évoquées par le même orateur, lors d'une réunion organisée autour d'un numéro spécial de la revue Interdépendances sur la Richesse est ailleurs. D'autres modes de mesure y ont été présentés, comme la comptabilité-temps, dont Marylin Waring, une députée néo-zélandaise montra la pertinence (dans le film Who's counting ?) ou les monnaies locales. Arnaud Mourot, directeur d'Ashoka, a développé l'exemple du SROI (Social Return on Investment) qui permet de donner des points de repère, pour mesurer les plus-values sociales apportées par une entreprise ou une association, avec l'aide des parties prenantes. Enfin, le collectif Fair espère que la thématique des nouveaux indicateurs de richesse prendra place dans le débat public. Patrick Viveret a souligné qu'il serait tout à fait opportun de les inclure dans la réflexion sur les retraites (autour de la notion d'activité) ou dans celle du bénévolat dans les associations. On le voit, pour technique qu'elle paraisse, la question de la mesure de la richesse a de vraies implications dans notre vie quotidienne...

http://www.idies.org/

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