
Les jardins sont désormais des lieux reconnus pour l'insertion économique et sociale (voir la Lettre de l'économie solidaire n° 185). Le collectif Jardins d'insertion en Ile-de-France (qui regroupe la Fnars, le réseau Cocagne, Graine de jardins et Chantier-école) en a dressé un panorama dynamique, lors du colloque qui vient de se tenir au Conseil régional. Les associations partenaires se sont efforcées d'en montrer la diversité, particulièrement entre jardins d'insertion par l'activité économique (sous la forme de chantiers d'insertion) et jardins d'insertion sociale (avec des ateliers de remobilisation), les deux types se retrouvant fréquemment au c½ur de jardins partagés (entre habitants, personnes en insertion, écoliers ou personnes âgées). Sur le terrain, ces expériences d'économie solidaire sont même encore plus variées, comme on l'a vu dans les exemples présentés dans l'hémicycle. Pour Yann Fradin, directeur de l'association Espaces, cela vient non seulement du projet, mais aussi de ceux qui le portent : réseaux d'insertion, collectivités locales ou initiatives citoyennes. Ce sont d'ailleurs souvent des projets co-construits, dans des montages d'autant plus nécessaires que les crédits d'insertion sont en baisse. A Corbeil-Essonnes, le Jardin potager se voulait jardin pédagogique au départ, avant de basculer dans un outil d'insertion pour trois salariés, qui fournissent 75 paniers bio hebdomadaires. A Cergy-Pontoise, les Jardins font partie du Réseau Cocagne, qui accompagne des personnes en difficulté ; une partie du site est occupée par des jardins familiaux. A Paris, autre modèle encore dans le 20e arrondissement, avec les Jardins Saint-Blaise, qui servent de support d'animation, au départ pour des parents isolés, puis pour d'autres personnes en situation difficile, qui sont seules à consommer les produits cultivés, sans être employées du jardin ; comme les autres jardins du réseau Main verte, c'est un jardin partagé avec les habitants du quartier. Il existe une cinquantaine de jardins d'insertion en Ile-de-France. Les participants estiment qu'il pourrait y en avoir beaucoup plus : ils représentent 14 % du maraîchage bio régional et fournissent 5 000 familles, selon les chiffres de Francine Bavay, vice-présidente du Conseil régional. Les freins sont nombreux : problème d'accès au foncier, besoins en financement pour le démarrage des activités et même vols dans les parcelles (les Potagers de Marcoussis évaluent le préjudice à 60 000 euros pour la seule année 2008). Pour les surmonter, le collectif des Jardins d'insertion, qui existe depuis 2004, a mis en place des journées de formation pour les porteurs de projet, avec succès : 12 jardins en sont issus et 18 autres sont en cours de création. Certains continuent de proposer de nouvelles idées de jardins : jardins intergénérationnels, jardins surélevés pour les personnes handicapées, en lien avec des ESAT, ou jardins suspendus sur des toits de bâtiments !