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Associations : des annonces sur fond d'inquiétudes (24/12/2009)

Pour les associations, ça s'est passé de la même manière que pour les autres sujets dont s'empare l'actuel gouvernement : une concertation à marche forcée (parfois, on l'appelle un Grenelle !), une conférence-événement (c'était la Conférence de la vie associative qui a eu lieu la semaine passée à la Cité universitaire de Paris) et un train de mesures assez long pour que certains wagons déraillent en route... En apparence, plusieurs des demandes récurrentes du milieu associatif ont été validées et annoncées par Martin Hirsch, Haut-Commissaire à la Jeunesse : évaluation de la Charte des engagements réciproques signée en 2001 entre l'Etat et les associations, création d'un Haut-Conseil de la vie associative (en remplacement du CNVA), meilleure représentation au sein du CESE (Conseil économique, social et environnemental), création d'un médiateur des associations, nouvel outil de conventionnement triennal, nouvelle Charte pour les bénévoles, etc. Néanmoins, au cours de la Conférence de la vie associative, certains n'ont pas manqué d'évoquer les manques qui subsistent, dans un contexte de diminution des crédits publics aux associations. François Soulage, président du Secours catholique, a insisté sur la nécessité pour l'Etat de définir ce qu'est le service d'intérêt général à la française ; Martin Hirsch a promis que cela serait transmis à Bruxelles avant la fin de l'année. De son côté, Jean-Marie Barbier, président de l'Association des paralysés de France, a pointé les dangers de la mise en concurrence, qui ne donne plus de visibilité budgétaire aux associations ; une révision des conventions pluriannuelles d'objectifs est attendue pour 2010. Enfin, Jacques Henrard, président de la CPCA, s'est inquiété de la future réforme des collectivités locales et de ses conséquences sur le financement des associations ; si les collectivités territoriales perdaient la clause de compétence générale, ce sont des pans entiers d'activités assurées par le secteur associatif, qui ne pourraient plus être aidés par elles. C'est au moins pour ces trois raisons que le collectif Associations en danger, soutenu par la Ligue des droits de l'homme, a manifesté en ouverture de la Conférence pour refuser la marchandisation de l'action sociale et citoyenne, en expliquant que « parmi les associations qui agissent sur le terrain, deux sur trois risquent de licencier ou de cesser des activités (et que) les réformes successives instrumentalisent de plus en plus les associations par des appels d'offres lancés au détriment de projets associatifs autonomes ». De fait, quelques jours avant la Conférence, la SSAE (Soutien, solidarité et actions en faveur des émigrants) annonçait l'arrêt de ses activités fin janvier 2010, à cause de ses difficultés pour accéder au financement de projets, comme d'autres petites structures, et en raison de l'absence de soutien des pouvoirs publics... Certaines associations n'auront pas eu le temps de voir l'effet des nouvelles mesures proposées lors de la Conférence. Quant à la prochaine prévue pour dans trois ans...

 www.ssae.net

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