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Lettre d'information du réseau Handicap

Adultes handicapés mentaux : quand un drame met en lumière les inacceptables faiblesses françaises (09/04/2008)

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Source : www.jim.fr

Anne-Marie avait 26 ans. Entre l'âge de 6 et 22 ans, cette petite fille devenue adulte, née grande prématurée et qui souffrait d'une grave infirmité motrice cérébrale et d'une invalidité à 90 %, avait pu être prise en charge dans des centres spécialisés.


Mais, en 2001, ses parents, Lydie et Fernand Debaine, qui habitent Wattignies dans le Nord, ne parviennent pas à trouver de structure adaptée à son handicap et à son âge. Aussi, pendant trois ans, c'est la mère d'Anne-Marie qui va s'occuper de cette jeune femme, dont l'âge mental est équivalent à celui d'un enfant de cinq ans, et dont l'état de santé va progressivement s'aggraver. En 2004, une lueur d'espoir se fait jour : une maison d'accueil de Sarcelles accepte d'intégrer Anne-Marie. Cependant, la structure ne paraît pas exactement adaptée aux besoins de sa fille et Lydie Debaine redoutant les maltraitances, choisit de continuer à s'occuper de son enfant. Cette dernière est à présent victime presque quotidiennement de violents maux de tête, de crises d'épilepsie, de vomissements à répétition. La constatation de la souffrance et de la dégradation de l'état de sa fille est insupportable pour Lydie Debaine qui doit veiller sur elle jour et nuit. Elle annonce alors son funeste projet par écrit et un samedi matin, alors que son époux est absent, elle donne à Anne-Marie des barbituriques et la plonge dans une baignoire pour la noyer. Elle ingurgite à son tour plusieurs cachets. Son mari découvre sur la porte d'entrée un petit mot et appelle immédiatement les secours, qui ne pourront sauver Anne-Marie, mais qui réanimeront Lydie. Aujourd'hui, cette femme âgée de 66 ans comparaît libre pendant deux jours devant la cour d'assistes du Val d'Oise pour répondre de son geste. Son avocate, Cathy Richard évoque sa ligne de défense citée par le Figaro : « Ce n'est pas un crime mais un acte entrepris pour libérer une jeune fille de ses souffrances. Elle ne l'a pas tuée parce que c'était l'enfer pour elle mais parce que c'était l'enfer pour sa fille ».

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